Where it all began

Après la défection de Pix (bassiste) puis la mort de Gilles P (batteur) le groupe The Bonaparte’s fut dissous en fin 1987. Hantée par des pensées métaphysiques voir destructrices, je me suis retrouvée seule, désoeuvrée, juste occupée à me sortir de l’addiction aux drogues dures et à l’alcool. Ce fut long, j’ai du sacrifier 15 années de ma vie, mais je m’en suis sortie.  M’étant débarrassée de ma Gibson, de mon ampli et de mes effets je me suis mise à explorer les possibilités de la production électronique avec un ordinateur. J’avais en 1981 une petite formation nommée Kan Ji Zaï où nous n’étions que 2, un autre guitariste (Patrick) et moi avec des pédales d’effets et une boîte à rythme. C’était juste instrumental. Je n’ai gardé aucun enregistrement de cette époque mais je peux vous dire que lors d’un concert que l’on avait donné au Gibus, La Mecque des punks de Paris, où habituellement le public pogotait furieusement, ce même public s’était assis petit à petit bien sagement et jusqu’à la fin du gig. Giri, le manager du club n’en revenait pas. Je dois avoir un certain talent pour endormir la foule… En tout cas à l’inciter à écouter. C’est la différence qui existe entre mon premier album (sous Laureen Az) Rituals et mon deuxième Crossroads. L’un est méditatif l’autre est plus dansant.

L’art de la répétition

En fait lorsque je compose de la musique je suis comme un architecte qui bâtit un édifice. Chaque partie : intro, thème, contre-thème, breaks, final… Tout se lie dans le temps comme les éléments d’un bâtiment dans l’espace. En musique le temps a une importance capitale et doit former un espace fini. Il se structure sur la base de mesures que l’on répète au moins 1 fois. Une phrase doit se répéter pour qu’on dise d’elle que c’est une musique. Sinon c’est juste du bruit. Cette répétition se décline sous une infinité de formes. Pour la techno et particulièrement pour la HT les rythmes sont très inspirés de la musique tribale africaine, les différentes percussions étant remplacés par des sons synthétiques et toute la composition s’articule sur des cycles de 2, 4,8,16,32,64… avec les breaks placés intelligemment pour relancer le morceau. C’est une musique très physique mais aussi très intellectuelle. Pour moi, elle prête autant à la méditation qu’à la danse.

Entre consolidation et démolition

Composer pour les Bonaparte’s puis pour la techno aura été pour moi le même exercice de construction, d’assemblage d’éléments, où chaque partie aussi petite soit-elle est dépendante des evènements passés et de ceux à venir dans le morceau. Et avec toujours le même but : consolider. Mais il faut surprendre aussi, car toute règle a vocation à être transgressée et l’art se trouve dans la manière. C’est là que se fait la démolition. Dès l’instant que les choses sont répétées (confirmées) elles ont vocation à être remises en question mais pour garder l’équilibre on doit garder à l’esprit une appréhension du morceau tout entier alors qu’il est encore en devenir. Ainsi on vit le moment présent en restant en relation avec le passé/futur, avec le tout.

” Tout est dans tout et réciproquement “

– Laureen Az

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Le titre Basement Z  sur Ableton Live